INTERVIEW AVEC LOUISA TREYBORAC

Aujourd’hui, je vous emmène à la découverte d’une auteure que j’ai interviewée le mois dernier. Enseignante en maternelle, polyglotte et auteure internationale, Louisa Treyborac a un parcours assez riche en tant qu’autrice.

Bonjour Louisa, peux-tu brièvement te présenter pour les lecteurs qui ne te connaissent pas ?

Bonjour, donc, je m’appelle Isabelle dans la vie, mais mon nom d’auteur c’est Louisa, qui est une compilation d’Isabelle, et de Louise parce que j’ai quatre de mes ancêtres du 19e siècle qui s’appellaient Louise. Je suis enseignante en maternelle. J’enseigne depuis 1993 mais principalement en maternelle, tous les niveaux, petite, moyenne, grande sections. J’aime énormément le contact avec les enfants, leur transmettre des choses, et voir les progrès fulgurants qu’ils font chaque année… Et c’est là que j’ai vraiment développé cette passion de raconter des histoires, je me disais toutes ces histoires que je lis d’auteurs de littérature jeunesse, et bien je pense que je suis aussi capable d’en écrire. 

Mes grands-parents étaient libraires, les parents de mes deux grands-mères étaient libraire et imprimeur. Chacune de mes grands-mères m’a toujours partagé des souvenirs livresques de son enfance, et les deux m’ont toujours mis des livres entre les mains, conséquence j’ai toujours aimé lire et aussi écrire. 

Dans ma jeunesse mes livres préférés étaient toujours ceux qui mettaient en scène des enfants, puis des adolescents ou des jeunes adultes qui étaient détectives… ça partait donc du Clan des Sept, du Club des Cinq ou Fantômette, les Alicesles soeurs Parker de Caroline Quine… tout ça m’a fait écrire en imitant ce genre-là dans les rédactions, ce que mon professeur de français ne comprenait pas  toujours, lui, qui attendait de moi des écrits plus classiques. C’est ainsi qu’écrire s’est imposé à moi comme une évidence. Quand mes trois enfants ont commencé à grandir et que j’ai eu moins besoin de m’occuper d’eux en plus de travailler à plein temps, j’ai réfléchi à faire des plans d’écriture de contes revisités, et de fictions du type fantasy allégoriques; puis je me suis formé en suivant beaucoup de conférences d’auteurs, qui se passaient dans ma région de Toulouse et en étant bénévole dans des salons du livre; 2014, j’ai fait un certain nombre de prix de nouvelles, et comme j’ai eu beaucoup de prix littéraire, je me suis après lancé dans l’écriture de mon premier roman, et c’est comme ça que petit à petit je suis devenu romancière.

Quels livres as-tu lu ces derniers temps ?

Alors je lis essentiellement en anglais. En fait je me suis convertie en Angleterre il y a 36 ans, ma vie spirituelle est essentiellement anglophone, je prie, et je lis la Bible, en anglais. Je lis beaucoup de livres de la maison d’édition Destiny Image. Là, présentement, je lis un livre de Jill Austin, Master Potter, qui est une allégorie romancée fictionnelle, et en parallèle aussi, je termine un livre qui s’appelle The Seer de James W. Goll. “ Seer” étant le terme qui veut dire le voyant, ce qui est un synonyme de prophète, mais les prophètes par vision, un peu comme le prophète Jérémie, Daniel, Ezéchiel, des prophètes qui voyaient des choses. Là c’est plus un livre non fictionnel, un livre plus technique sur la vie prophétique.

Je lis la Bible en entier chaque année depuis deux ans maintenant. Je lis quand même pas mal la Bible, une bonne portion chaque jour.

Dans le domaine de la fiction chrétienne un livre que j’ai préféré et que j’ai lu il y a deux ans, c’est COVENANT CHILD de TERRI BLACKSTOCK. J’avoue que ce livre a été une véritable claque pour moi. C’était aussi une fiction allégorique, qui avait réussi à inclure le principe de la rédemption de manière à surprendre le lecteur, qui ne l’a pas vu venir. Ça j’avoue que c’est jubilatoire, mais c’est surtout très puissant, c’est vraiment ce que j’ai envie d’écrire. J’avoue que la fiction allégorique est un genre que j’aime beaucoup.

Depuis quel âge écris-tu et en quelle année as-tu publié ton premier roman ?

A l’adolescence j’écrivais beaucoup de correspondances c’est-à-dire des lettres immenses qui faisaient quinze pages, à beaucoup d’amis qui habitaient à l’autre bout de la France. Donc l’art de l’écriture qui coule me vient de là. 

Mon tout premier livre est un livre pour enfant, écrit en roumain — il faudrait que je pense à le traduire en français. J’en ai les droits, pas sur l’illustration, cependant…

Il se trouve que pendant 18 mois j’étais dans un collège biblique au Danemark. Au moment de la chute du mur de Berlin, des dannois de mon église étaient partis en Roumanie pour voir l’état terrible des orphelinats de la famille Ceausescu, dont on avait entendu parler. Ils sont revenus atterrés… Les responsables ecclésiastiques décidèrent d’envoyer encore un groupe avec des gâteries et des ours en peluche pour consoler 300 enfants sous la garde de sept adultes qui ne s’en occupaient pas vraiment. Il n’y avait pas d’amour. Les peluches c’étaient pour que les enfants puissent faire des câlins à quelque chose qui les rassure. Ça me perturbait de me dire qu’on allait juste leur envoyer des ours en peluche, on aurait dû joindre aux peluches, me disais-je, quelque chose qui leur donne l’évangile. Alors que j’y réfléchissais la nuit, je me suis endormie. J’ai rêvé d’un prédicateur indien que je connaissais, qui prêchait souvent sur l’adoption. De là s’est imposé à moi d’écrire un livre d’un petit enfant roumain rêvant de posséder une peluche.

Le petit roumain recevra sa peluche rêvée, et en plus l’évangile. L’évangile lui sera annoncé simplement ; il apprendra que Jésus est mort et ressuscité pour le sauver. À la fin de l’histoire, il abandonnera l’ours pour adorer Jésus.

Ce livre a été illustré par une bédéiste et a été publié en plusieurs exemplaires en 1991 pour être distribué gratuitement à des orphelins. 

En 2014, après avoir reçu six prix de nouvelles, j’ai rencontré l’éditrice de la revue J’apprends à Lire, et je lui ai dit que j’avais envie d’être publié pour enfants. Elle m’a suggéré d’envoyer des textes. Elle m’a publié trois fois : deux textes en 2016, La Course à la Poule et Le Vélo de Bénéo, et un autre texte en 2018, Le Chewing-gum.

Il se trouve que La Course à la poule et Le Vélo de Bénéo sont traduits en chinois ce qui fait de moi une autrice internationale. Le Vélo de Bénéo est en quelque sorte une allégorie de la rédemption.

Ensuite, ce premier roman que j’avais commencé à écrire en 2014,  auquel  j’ai donné en 2017 une touche fantastique (ce que j’appellerais de la fantaisie angélique ou fantastique angélique) je l’ai publié début 2019 avec un éditeur auprès de qui j’ai repris les droits. Le titre c’était TERRA CEVENOLA et je vais le republier, là, en Septembre sous le titre HUIS CLOS EN TERRE CEVENOLE… c’est mon premier roman si on veut parler de roman. Ensuite j’ai d’autres romans à titre gratuit sur la plateforme KOBO Agnès Grey à Hollywood, qui est une revisite de Agnès Grey de Anne Brontë transposé à l’époque de la Grande Dépression aux États-Unis. Ensuite il y a Miss Anne Elliot à Hollywood qui est une revisite de Persuasion de Jane Austen à nouveau transposé à l’époque de la Grande Dépression aux États-Unis. 

La Tribu de la Profileuse c’est une sorte de roman d’assemblage où j’ai rassemblé toutes mes nouvelles avec comme lien la journaliste qui est dans TERRA CÉVENOLE, et les enquêteurs qui sont dans un certain nombre de nouvelles policières parus dans Un œil dans le Potage aux éditions du Vénasque, d’autres que j’ai fait paraître en auto-édition en ligne en epub sur Kobo et Fnac. 

Quels sont les auteurs qui ont forgé ta plume ?

Je pourrais parler de Mary Webb, qui est une anglaise qui m’a vraiment pris aux tripes quand j’étais adolescente, avec deux romans : un qui s’appelle SARNet l’autre LA RENARDE. A l’âge adulte, je peux citer les sœurs Brontë et Jane Austen, qui sont un peu des modèles. Charles Dickens, dans un certain sens, et Georges SAND, pour l’écriture. Jeanne, La Petite Fadette, La Mare au diable, François le Champi sont des romans à tiroirs que j’aime.

Ton dernier roman publié est l’horripilant destin de l’aventureux Henri Petipoi, pourrais-tu en quelques phrases nous en faire un résumé ?

C’est un roman fantasy pour les adolescents publié par les éditions OTHERLANDS. A ce jour, il n’apparaît pas du tout comme un livre avec une connotation religieuse. De toute façon dans le monde des héros, on n’a ni de culte ni de religion ni de divinité, on a juste un monde imaginaire avec des animaux fantastiques et des personnages chimériques. Il y a un livre pour adolescent qui fait réfléchir sur le thème de l’addiction et des pouvoirs autocratiques, etc. 

On a un roman caustique décalé qui est très rigolo avec beaucoup d’humour et de scènes cocasses, avec des personnages complètement burlesques. On a aussi des personnages très très méchants, donc on passe du rire aux larmes ou de la scène comique à l’effroi, c’était vraiment ce qui était voulu. C’est un peu le ton à la fois de la série des orphelins Baudelaire de Lemony Snicket ou le Cycle de la Passe-miroir de Christelle Dabos qui était le prix Gallimard en 2012. Ça a été un peu les deux sources d’inspiration pour le rythme du roman.

Je remarque que tu écris un peu de tout (albums de jeunesse, fantasy, romances, fictions historiques, feelgood, thriller, etc.) comment es-tu parvenue à la maîtrise de l’anatomie de chacun de ces genres ?

J’ai vraiment beaucoup lu depuis que je suis enfant, et je pense qu’il y a un phénomène d’imprégnation en tout cas pour ce qui est du romanesque. Lorsque j’ai écrit mon premier roman, je n’ai pas pris de formations, j’écrivais juste les  choses comme elles venaient. Je me suis aussi toujours inspirée des romans qui m’avaient marqués parce qu’ils avaient des structures non-linéaires. Je pense entre autres à The Tenant of Wildfell Hall d’ Anne Brontë en français la locataire de Wildfell Hall qui est un roman avec des aller et retour en avant et en arrière. Le personnage raconte sa rencontre avec une jeune veuve, il est touché par ce qu’elle vit, et, à peu près à la moitié du roman, elle s’enfuit en lui laissant le journal intime de ses dix dernières années, geste qu’il ne comprend pas d’abord, mais qu’il finit par comprendre en lisant ledit journal où il apprendra qui elle est vraiment et quelles étaient les raisons de sa fuite.

Et cette structure-là, je l’avais trouvée vraiment intéressante parce qu’elle établissait comme un cadre : dans la première partie (le cadre), on suit le point de vue du héros masculin jusqu’au moment où il reçoit le journal intime de la dame qui sera la deuxième partie (la narration principale), avant, enfin, de revenir sur le point de vue de Gilbert. Et j’ai eu envie de faire quelque chose comme ça. C’est vrai que les sœurs Brontë ont vraiment eu un impact sur moi. Il y a Shirley de Charlotte Brontë, et le roman Shirley 600 pages, l’héroïne qui s’appelle Shirley, on entend son nom pour la première fois à la page 199. C’est passionnant, on ne décroche pas, mais l’essentiel arrive après.

J’ai aussi fait beaucoup de formations notamment sur Youtube et aussi des MOOC. MOOC littérature jeunesse de l’université de Liège, MOOC fantastique d’une autre université. Je n’ai vraiment pas lésiné sur la formation, j’ai aussi acheté des livres sur les thèmes de l’écriture. 

En tant qu’auteure chrétienne, de quelle manière ta foi influence-t-elle ton écriture ?

Disons que je ne vois aucune séparation dans tout ce que je vis, c’est-à-dire que ma vie est imprégnée du fait que je suis enfant de Dieu même quand j’écris des choses qui sont non-chrétiennes. Et j’ai vraiment écrit des choses qui sont pas du tout chrétienne. Il y a par exemple l’histoire policière, où des policiers vont traquer un pédophile. Dis comme ça, ça a l’air pas chrétien du tout, dénudé de foi, mais c’est juste que, là, je voulais mettre en scène la façon dont, finalement, un enfant pouvait être protégé par quelque chose qui soit “des circonstances absolument surprenantes” et qui peut être la façon dont Dieu arrive à la rescousse de personnes en danger.

Après, j’ai des écrits qui sont intentionnellement de vouloir mettre la foi de manière saupoudrée ou de manière instillée dans l’écriture pour que cela provoque chez le lecteur les questions qui vont l’amener à s’adresser à Dieu d’une manière ou d’une autre, ou l’amener à se dire: Y-a-t-il effectivement une dimension spirituelle? quelle est-elle ? Est-ce que c’est celle d’un Dieu bon?… et éventuellement d’un Dieu qui veut nous sauver? C’est toujours ce qu’on appelle dans l’évangélisation faire monter les gens dans l’échelle d’Engel pour les rapprocher de Dieu c’est un thème technique en l’évangélisation j’ai toujours un peu ça en tête.

Certains écrits c’est vraiment pour développer une relation avec des lecteurs sur des thèmes qui ne sont pas forcément des thèmes chrétiens, mais pour qu’après, parce qu’ils auront pu aimé un livre de fantaisie, ils vont en prendre un autre et là, ils pourraient être cueillis par surprise.

Après j’ai aussi d’autres projets qui vont être plus résolument des choses spirituelles notamment sur la vie avec le Saint-Esprit, mais ils ne sont pas encore démarrés c’est juste des choses que je porte depuis longtemps et on verra…

Tu fais aussi bien de la fiction pour les non-chrétiens que de la fiction chrétienne, quelle est la différence entre ces deux productions dans tes écrits ?

J’écris essentiellement pour tout public c’est-à-dire je ne me dis même pas que c’est chrétien ou non-chrétien, j’écris pour tout le monde. Les seules publications, je dirais, qui étaient vraiment entre guillemets — et encore  même pas à destination des chrétiens — c’était quand j’ai fait les concours de nouvelles du site Plumes Chrétiennes, où là je savais en tout cas que le jury sera un jury chrétien, et qu’ils s’attendent effectivement, vue que c’est eux qui en sont les éditeurs, à un lectorat plutôt chrétien. Mais mon but c’était vraiment de pouvoir être diffusée et distribuée par des maisons d’éditions qui vont partout et qui ne soient pas uniquement dans des librairies chrétiennes, types Librairie CLC, les librairies des églises… de ce fait donc, je ne crois même pas avoir déjà écrit quelque chose que j’ai pensé spécifiquement pour les chrétiens. Je pense qu’il risque d’y en avoir  à terme au sens où, par exemple, j’ai vraiment prévu un livre sur la façon dont on s’équipe pour passer la journée avec Dieu du point de vue spirituel. C’est un petit peu sur le thème “enfiler mon armure” mais pas uniquement ça. Ça sera plutôt un manuel de vie chrétienne. Et un autre qui, là, pourra être tout public mais c’est plutôt de raconter mon histoire d’amour avec Dieu, vraiment à la manière plus ou moins d’une fiction romanesque ou d’une allégorie, qui sera vraiment basé sur mon témoignage et ce qui m’est arrivée avec Dieu.

Tu as à ton actif plusieurs ouvrages publiés, quel est celui que tu préfères et pourquoi ?

Alors c’est difficile de dire celui que je préfère… J’ai envie de dire que c’est celui que je n’ai pas encore écrit… parce qu’il sera meilleur que les autres. Notamment une allégorie que je porte depuis 2004, et qui doit être le tome 3 de celui pour lequel je n’ai sorti que le tome 1 qui est l’Horripilant Destin de l’Aventureux Henri Petipoi. 

Ce que j’avais remarqué quand j’avais écrit ce roman c’est que je l’avais assez rapidement fini parce que je voulais le soumettre au prix Gallimard 2018 et donc j’avais un temps assez court pour l’écrire, donc je l’écrivais jour et nuit, relecture et réécriture, en un temps très très court. C’est que, à des moments, j’ai vraiment l’impression que j’ai une assistance angélique qui font venir les idées, qui font presque comme une dictée parce qu’on n’est pas dans l’écriture automatique des gens de l’occultisme, mais c’est plutôt, alors que je prie, je vois la façon dont les choses s’enchaînent avec une fluidité étonnante, et comment, quand j’ai des soucis de narrations, tout à coup, il y a comme la lumière qui se fait, et là je saisis la balle au bond. Là, ça me marque beaucoup.

Travailles-tu actuellement sur un projet d’écriture, si oui de quoi s’agit-il ?

J’ai des choses qui sont en plan depuis un certain nombre de temps. J’ai commencé un roman ado, ou grands enfants, dès 11 ans, médiévale sur le thème de la chevalerie et du tournoi de soule. La soule est un peu l’ancêtre du football, quelque chose qui est remplie de paille et que des villageois se disputent, c’est des jeux traditionnels du Moyen Âge. Je l’avais commencé en 2018. J’ai écrit les deux tiers, et chaque fois que j’ai essayé de le reprendre, en 2019, en 2020, je n’ai jamais trop réussi. Lui, il faut que je le termine et que je le soumette. Je ne sais juste pas trop quand. 

De temps en temps,  je fais aussi des mini concours de nouvelles qui sont souvent en fantaisies angéliques parce que c’est quand même beaucoup ce que j’écris, la fantaisie angélique. Donc là j’ai fait un concours de nouvelles, et ça m’a pris une soirée pour l’écrire pour un prix de Nouvelle qui aura lieu en Décembre dans la banlieue de Castelnaudary à Saint-Papoul. 

Quant à l’Horripilant Destin de l’Aventureux Henri Petipoi, il faut que j’écrive le tome 2 qui est un faux tome 2 et ça, ça tourne dans ma tête. J’ai pas encore tous les ingrédients parce que quand j’écris un livre, je veux au moins en connaître 50% au niveau du contenu, c’est-à-dire j’ai déjà prévu comment ça commence, comment ça termine, j’ai écrit quelques scènes majeures sous forme de cartes scènes, etc. J’organise mes fiches personnages, qui ils sont, où ils habitent, quel est leur caractère, leur descriptions… j’ai vraiment pleins de choses que j’organise en amont, et, quand j’ai à peu près toutes les scènes et relativement souvent aussi le chapitrage, là, je me lance vraiment dans l’écriture. Là je n’ai pas encore tout ce qu’il faut en amont, et j’ai commencé à y penser pour ce tome 2.

J’ai aussi promis aux éditions Sedrap des petits romans sur ce qui se passe aux 19e siècle, qui seront des romans très courts pour des élèves de CM2.

Peux-tu partager trois conseils qui t’ont le plus aidé en tant qu’auteur ?

Le premier, c’est celui qu’on dit toujours, c’est l’histoire du syndrome de l’imposteur, c’est-à-dire quand on sent qu’on a quelque chose à dire et qu’il  y a des voix qui nous disent ‘mais non tu n’es pas qualifié pour’, ‘ce n’est pas la peine’. Si on sent vraiment qu’on a quelque chose en soi qui nous pousse à écrire, il ne faut pas écouter ça. 

Par contre, effectivement, le second conseil, c’est de dire ça ne sort pas toujours du chapeau, il faut travailler. Et là, j’ai participé à beaucoup de Masterclass, j’ai lu beaucoup de livres sur les grands principes d’un écrit fictionnel, j’ai suivi beaucoup de cours sur Youtube, j’ai noté des conseils que les auteurs donnaient, et ça c’était vraiment quelque chose de très très précieux parce que ça m’a aidé à grandir. Ça m’a aidé à juger, à détruire et à recommencer. 

Le troisième conseil, que j’ai entendu et que j’ai expérimenté, est qu’il faut écrire sans s’arrêter et sans vouloir corriger en même temps. Le temps de la correction viendra après. On ne corrige pas forcément tout de suite. Si on a le temps, on laisse reposer son texte. Ce qui fait que quand on va le corriger, ce sera presque comme si on le découvrait parce qu’on aura oublié beaucoup de choses.

Après si je peux ajouter un 4ème conseil qui m’a aidé sur cette partie de réécriture, c’est de passer son texte à la moulinette d’un text-to-voice (en note de bas de page text-to-speech), mettre son texte dans une application qui fait une lecture vocale avec une voix synthétique. Ça permet d’entendre son texte, sa fluidité. Même si c’est une lecture synthétique et qu’on ne verra pas si le lecteur au bout manque de souffle, mais en tout cas on pourra entendre ce que donne son texte et en juger pour le modifier. 

Pour un 5ème et dernier conseil. Il est bon de rejoindre une communauté de partage, de lecteurs. Ça c’est très précieux. Moi je fais partie de plusieurs communautés de lecteurs où on s’épaule. Au niveau francophone, il y a la communauté Plumes Chrétiennes. Je suis surtout avec la communauté SERIOUS WRITER qui font le SERIOUS WRITER chat tous les mardis. Tous les mardis, je suis avec un groupe d’américaines de 5 à 6, et il y a toujours un invité qui donne des tutos ou des conseils. On a un temps où on partage ensemble, on prie ensemble, ça c’est très précieux.

Si tu devais conseiller des ouvrages à lire à un auteur débutant lesquels citerais-tu ?

Le livre de Gail Gaymer Martin WRITING THE CHRISTIAN ROMANCE  qui, là effectivement, est un tutoriel pour écrire de la romance chrétienne en fonction des spécificités du marché de la romance chrétienne. Cette dame a vraiment beaucoup écrit notamment aussi pour le marché des harlequins chrétiens qui existent aux Etats-Unis qui s’appelle LOVE INSPIRE. Elle donne vraiment des conseils très très précieux sur toute la mise en œuvre d’un roman. Ça a été vraiment un livre qui m’a fait comprendre que tout ce qu’elle disait j’en était capable et donc j’allais le faire.

Ensuite, lire des livres dans le genre dans lequel vous voulez écrire. Au-delà de savoir ce que la concurrence fait, vraiment pouvoir se demander comment je pastiche et comment je me démarque. J’ai besoin de quelque chose qui me permette de me démarquer pour de un ne pas être dans le plagiat, et de deux pour pouvoir dire j’offre une vraie originalité, et vous qui aimez tel auteur et telle série de livres, j’écris effectivement dans cette veine-là, dans ce genre-là, mais mon originalité, ma touche personnelle, c’est ça.

 Quels sont tes rituels d’écriture ?

Alors les rituels d’écriture, j’ai envie de dire que c’est quand j’ai cette sensation du pêcheur qui a lancé une ligne, et tout à coup il voit que le bouchon s’enfonce, ce qui signifie qu’un poisson a mordu. Maintenant il faut qu’il retire le moulinet, qu’il remonte le poisson. Quand je sens que j’ai mon histoire, je ne veux pas la laisser se perdre, donc je la griffonne partout pour ne perdre aucune trace de ce qui est en train de jaillir, et je me mets à écrire en non-stop le midi, le soir, la nuit, tout le temps, jusqu’à ce que j’aie fini. Après je peux être pendant des mois sans rien écrire, mais j’y pense tout le temps par contre. Quand est-ce que la journée d’écriture réussie ? je ne sais pas, c’est peut-être quand j’ai réussi à surmonter un obstacle, à lier la gerbe, à  passer le nœud… ou peut-être quand ce personnage qui me donnait du fil à retordre,  et me poussait à questionner son existence, et hop! il m’arrive quelque chose, un moment eurêka, une ampoule qui s’allume à tous les étages de ma pensée, et je me dis, c’est ça,  je le tiens, je l’écris et là je ne le lâche plus. Voilà pour la journée d’écriture réussie.

Pour finir, quelle est ta citation préférée ? 

«Tout le monde savait que c’était impossible. Un ignare ne le savait pas : il l’a fait. » Marcel Pagnol. Et l’autre citation très similaire c’est Mark Twain, 60 ou 80 ans avant Marcel Pagnol et lui sa citation est plus courte : “Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.” J’ai vraiment l’impression que c’est souvent ce qui peut être l’apanage de l’auteur écrivant un roman qui se dit : c’est impossible ; est-ce que je vais seulement y arriver ; et puis, finalement, il se retourne :  “il l’a fait”. Mais c’est en cela que je rends gloire à Dieu, car “je puis tout par Christ, qui me fortifie.” C’est vraiment Lui qui est la source et qui donne le courage de supporter l’aridité de l’enfermement. Parce qu’écrire c’est être enfermée toute seule avec ses personnages. Ils vivent dans notre tête, comme s’ils étaient vraiment réels, mais ils sont fictionnels. Parfois nos personnages sont modelés à partir d’autres personnages fictionnels qu’on a aimé, ou alors construits en s’appuyant sur des personnes réelles à qui on veut rendre hommage via des personnages fictionnels, en retraçant leurs souffrances, comme dans le cas d’Anne Brontë. On veut changer leur futur et leur devenir, etc. cependant il y a vraiment toujours ce défi de tacler l’impossible et d’y arriver. Ça c’est vraiment quelque chose qui me porte, ces citations mises ensemble et ce qu’elles véhiculent.

Merci, Louisa pour cette interview.

Propos recueillis et édités par Carlyne N.M.

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